Le mardi 6 janvier, Antoine Léaument est venu soutenir ma candidature pour les élections municipales de Bordeaux. Nous avons organisé une réunion publique où plus de 120 personnes sont venues pour débattre avec nous des questions de sécurité.
Pour la droite et l’extrême droite, et même une partie de la gauche, la sécurité est centrale dans la campagne électorale.
Ils jouent sur les peurs et les divisions pour pouvoir installer leur politique libérale au seul profit de leurs amis riches.
Les questions de sûreté sont essentielles mais les paniques morales de la caste politique nous empêchent de les aborder correctement. Leur vision purement répressive est une escroquerie morale : qui préfère se faire agresser et voir ensuite l’agresseur puni plutôt que de ne pas se faire agresser du tout ? Une politique de prévention est la seule réponse efficace.
1- Une police de proximité au service de la population
Il est temps de mettre fin à l’escalade sécuritaire, qui n’a aucun effet réel sur les chiffres de la délinquance, en retirant toute arme létale à la police municipale. Le maintien de l’ordre ne relève pas des missions de la police municipale : la sécurité est une prérogative de l’État, et les communes n’ont pas à pallier ses défaillances ou son inaction.
Nous souhaitons également rétablir un véritable îlotage, pour que les policiers municipaux soient des policiers de proximité, et appliquer une répartition claire des missions entre police municipale et police nationale. Tous les citoyens, quel que soit leur lieu de résidence, doivent bénéficier du même niveau de sécurité ; il appartient donc à l’État d’en garantir l’effectivité sur l’ensemble du territoire.
La police municipale aura un rôle de tranquillité publique et de facilitation de la vie des bordelaises et des bordelais.
Il y a peu, alors que j’étais en maraude avec des associations, une présidente d’association m’a demandé : “Dîtes qu’il y a un lien entre misère et insécurité, l’appauvrissement de la population crée de l’insécurité.” C’est un fait. Aucune essentialisation, on ne devient pas délinquant parce qu’on est pauvre, on vole des commerçants parce qu’on a rien à manger. On ne devient pas consommateur de psychotrope parce qu’on a pas de toit, les psychotropes aident, parfois, à tenir quand on vit dans la rue.
Disons-le clairement, la délinquance dont je parle est la petite délinquance. Elle peut gêner au quotidien mais elle est sans commune mesure avec la délinquance des plus riches qui fraudent les impôts. Et que penser de celles et ceux qui possèdent plusieurs dizaines d’appartements, en laissent certains vides, et participent ainsi à éloigner les plus précaires de la possibilité de se loger à Bordeaux ?
2- Une sécurité intégrale
Nous voulons mettre en place une véritable « sécurité intégrale » pour toutes et tous. Celle-ci passe par l’accès à un logement digne et à une alimentation complète et suffisante, car la première des sécurités réside dans la tranquillité d’esprit et de corps liée à la satisfaction des besoins humains essentiels.
Politique de baisse des loyers, sécurité sociale de l’alimentation, cantine bio et gratuite… Toutes ces mesures seront présentées très vite.
Dans cette logique visant à soustraire ces besoins fondamentaux aux logiques capitalistes, nous mettrons en place un service public des pompes funèbres, sur le modèle de ce qui existe déjà à Paris ou à Mont-de-Marsan. Trop souvent, des personnes – parfois très jeunes – s’endettent pendant de longues années à la suite du décès d’un proche. La ville doit jouer pleinement son rôle d’accompagnement, en proposant des tarifs adaptés au niveau de revenu de chacun et chacune.
Cette sécurité totale passe également par une lutte active contre toutes les discriminations, afin de permettre à chaque personne de vivre sans la peur d’y être confrontée. Elle implique de combattre résolument les violences sexistes et sexuelles et de garantir aux femmes ainsi qu’aux personnes issues des minorités la possibilité de vivre, se déplacer et s’émanciper en toute sécurité. Et comme le lieu où les personnes sont le plus souvent victimes de violences est leur propre foyer, nous prévoyons de renforcer le nombre de structures d’hébergement d’urgences pour les victimes de violences conjugales et intrafamiliales. C’est la ville sanctuaire, une ville qui protège et accompagne, que nous voulons fonder.
3 – Lutte contre le narcotrafic
La question du narcotrafic est centrale dans la lutte pour la sécurité de toutes et tous. Sans angélisme, nous voulons agir pour que cette économie parallèle perde l’attractivité qu’elle exerce aujourd’hui.
Au niveau national, cela passe notamment par la légalisation du cannabis et par la mise en œuvre de politiques ambitieuses visant à sortir ses acteurs de la délinquance, par la prévention et par une politique de l’emploi réellement efficace.Au niveau local, il s’agit d’apporter des réponses claires, cohérentes et accompagnatrices afin d’éviter des drames tels que celui survenu aux Aubiers il y a quelques semaines. Cela implique de renforcer la présence dans l’espace public des médiateurs de rue et des autres professionnel·les de terrain – infirmier·es, médecins, psychiatres, animateur·rices, entre autres – et de donner aux structures concernées les moyens de travailler sereinement. À cet égard, le CAARUD de La Case mérite d’être cité : malgré des campagnes de harcèlement régulières et indignes, son travail remarquable est pourtant essentiel pour l’ensemble de la société.